prison de chair by Clive Barker

prison de chair by Clive Barker

Auteur:Clive Barker
La langue: fra
Format: epub, mobi
Tags: fantastique
ISBN: 978-2290336502
Éditeur: j'ai lu
Publié: 2003-10-13T04:00:00+00:00


— Il y a peut-être eu une erreur, concéda l’homme à la moustache cirée, après plusieurs heures d’interrogatoire.

Elle avait été soulagée de constater qu’il n’avait aucun désir de se faire passer pour une Mère Supérieure, en dépit de l’uniforme de la garnison. Son bureau – si c’en était un – était pauvrement meublé et ne contenait comme objet remarquable qu’un crâne humain à la mâchoire inférieure portée disparue, qui reposait sur un sous-main et la regardait de ses yeux vides. Lui-même était vêtu de façon impeccable ; sa cravate avait un nœud parfait, ses pantalons des plis tranchants comme une lame. Sous son anglais soigné, Vanessa crut détecter une pointe d’accent. Français ? Allemand ? Ce ne fut que lorsqu’il sortit une boîte de chocolats de son bureau qu’elle décida qu’il devait être suisse. Son nom, prétendait-il, était M. Klein.

— Une erreur ? dit-elle. Vous avez foutrement raison, il y a eu une erreur !

— Nous avons localisé votre voiture. Nous avons aussi contacté votre hôtel. Jusque-là, votre récit a été vérifié.

— Je ne suis pas une menteuse, dit-elle.

Elle n’était plus d’humeur à se montrer courtoise avec M. Klein, en dépit de ses tentatives de séduction aux confiseries. À présent, il devait être fort tard dans la nuit, devinait-elle, bien que l’absence de montre à son poignet ainsi que l’absence de fenêtre aux murs de cette pièce nue enfouie dans les entrailles de l’immeuble ne lui aient pas permis d’en juger avec certitude. Le temps s’était télescopé tandis que M. Klein et son Numéro Deux sous-alimenté avaient revendiqué son attention faiblissante.

— Eh bien, je suis heureuse que vous soyez satisfait, dit-elle. Maintenant, voulez-vous me laisser retourner à mon hôtel ? Je suis fatiguée.

Klein secoua la tête.

— Non, dit-il. J’ai bien peur que cela ne soit pas possible.

Vanessa se leva d’un bond, et la violence de son mouvement fît tomber son siège. Moins d’une seconde plus tard, la porte s’ouvrit et l’une des sœurs barbues apparut, l’arme au poing.

— Tout va bien, Stanislaus, ronronna M. Klein. Mme Jape ne m’a pas coupé la gorge.

Sœur Stanislaus se retira et referma la porte derrière lui.

— Pourquoi ? dit Vanessa, distraite de sa colère par l’apparition du garde.

— Pourquoi quoi ? demanda M. Klein.

— Les nonnes.

Klein laissa échapper un lourd soupir et posa une main sur la cafetière qu’on avait apportée une bonne heure auparavant, afin de voir si elle était encore chaude. Il se versa une demi-tasse avant de répondre.

— À mon avis, tout cela est en grande partie inutile, madame Jape, et je vous assure personnellement que je veillerai à ce que vous soyez relâchée aussi vite que cela sera humainement possible. En attendant, je vous prie de faire preuve d’indulgence. Pensez à ce qui vous arrive comme à un jeu… (Son visage se teinta légèrement d’amertume.) Ils aiment tant les jeux.

— Qui ça ?

Klein fronça les sourcils.

— N’y pensez pas, dit-il. Moins vous en saurez, moins nous devrons vous en faire oublier.

Vanessa jeta un regard noir en direction du crâne.

— Rien de tout cela n’a de sens, dit-elle.



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